Cette page a pour objectif d’expliquer le principe du changement de prothèse totale de hanche, ses indications, le déroulement de la prise en charge, ainsi que les bénéfices et les risques de cette intervention. Elle ne remplace pas la consultation chirurgicale, mais vise à mieux comprendre votre traitement.
Qu’est-ce qu’un changement de prothèse de hanche ?
Le changement de prothèse totale de hanche, également appelé reprise de prothèse de hanche ou révision de prothèse, est une intervention chirurgicale qui consiste à remplacer tout ou partie d’une prothèse déjà implantée.
Cette chirurgie peut concerner :
- la pièce fémorale (tige)
- la pièce cotyloïdienne (cupule)
- les inserts (polyéthylène, céramique)
- la tête prothétique
- ou l’ensemble de la prothèse
Cette intervention est souvent plus complexe qu’une première prothèse de hanche, notamment en raison :
- d’une perte de substance osseuse
- d’un descellement des implants
- d’une usure des matériaux
- d’une infection
- d’un risque accru de fracture ou de luxation
L’objectif est de soulager la douleur, restaurer une fonction satisfaisante de la hanche et permettre une reprise de la marche dans les meilleures conditions possibles.

Indications
Un changement de prothèse de hanche peut être proposé lorsque la prothèse en place ne fonctionne plus correctement ou entraîne des complications.
Les principales indications sont :
- le descellement aseptique de la tige ou de la cupule
- l’usure du polyéthylène ou d’autres matériaux
- une ostéolyse (destruction osseuse autour de la prothèse)
- une infection de prothèse
- des luxations récidivantes
- une fracture autour de la prothèse
- une mauvaise position des implants
- certains cas de douleurs persistantes avec cause identifiée
Avant d’envisager une reprise chirurgicale, un bilan complet est réalisé.
Celui-ci peut comprendre :
- des radiographies standard
- un scanner
- parfois une scintigraphie ou un PET scan
- une prise de sang (CRP, VS, bilan infectieux)
- une ponction articulaire à la recherche d’une infection
La décision opératoire est toujours individualisée, selon la cause du problème, l’état osseux, les antécédents chirurgicaux, l’âge, l’état général et les attentes du patient.
Principe technique de l’intervention
L’intervention est réalisée sous anesthésie générale ou rachianesthésie. Une anesthésie locorégionale complémentaire peut parfois être proposée.
La durée opératoire est variable, souvent plus longue qu’une première prothèse de hanche.
Les grandes étapes sont :
- réouverture de la cicatrice existante lorsque cela est possible
- exposition de l’articulation de la hanche
- prélèvements bactériologiques si une infection est suspectée
- retrait des implants descellés ou usés (ce qui peut nécessiter une fémorotomie)
- nettoyage de l’articulation et des tissus inflammatoires
- reconstruction osseuse si nécessaire (greffe osseuse, implants spécifiques)
- mise en place de nouveaux implants adaptés
- vérification de la stabilité et de la longueur du membre inférieur
- fermeture chirurgicale
Selon les cas, il peut être nécessaire d’utiliser :
- des implants plus longs ou plus volumineux
- des cupules de révision avec fixation renforcée
- des augmentations métalliques en cas de perte osseuse
- des implants à double mobilité afin de diminuer le risque de luxation
Dans certaines infections chroniques, la chirurgie peut être réalisée en un temps (ablation et repose immédiate) ou en deux temps, avec retrait de la prothèse, lavage chirurgical, traitement antibiotique prolongé puis réimplantation secondaire.

Suites opératoires
Suites immédiates
Après l’intervention :
- le lever est généralement précoce, souvent dès le jour même ou le lendemain
- l’appui peut être autorisé immédiatement ou protégé selon la qualité osseuse et le type de reconstruction
- la marche débute avec des cannes béquilles ou un déambulateur
- un traitement antalgique adapté est mis en place
- une rééducation précoce est débutée
- un traitement anticoagulant est prescrit afin de limiter le risque de phlébite et d’embolie pulmonaire
Les douleurs postopératoires sont variables, parfois plus importantes qu’après une première prothèse de hanche.
L’hospitalisation dure généralement quelques jours à une semaine, parfois davantage selon la complexité de l’intervention.
Les pansements sont refaits régulièrement pendant environ deux semaines. Les fils ou agrafes sont retirés selon les consignes données. En cas de trouble de cicatrisation, les soins peuvent être prolongés.
Certaines restrictions de mouvement peuvent être conseillées dans les premières semaines afin de limiter le risque de luxation selon le type de chirurgie réalisée.
Suites à moyen terme
Dans les semaines qui suivent :
- la douleur diminue progressivement
- la marche devient plus autonome
- la force musculaire revient progressivement
- la récupération fonctionnelle s’améliore
La récupération est généralement plus lente qu’après une première prothèse de hanche et peut nécessiter plusieurs mois de rééducation.
Une boiterie transitoire, une faiblesse musculaire ou une sensation de longueur différente des jambes peuvent être observées dans les premiers mois.
En cas de fièvre, écoulement, douleur importante inhabituelle, rougeur ou impotence fonctionnelle brutale, il faut recontacter rapidement l’équipe chirurgicale.
Il ne faut jamais débuter une antibiothérapie à l’aveugle en cas de suspicion d’infection sur une prothèse de hanche.
Résultats et évolution à long terme
Les résultats d’un changement de prothèse de hanche dépendent principalement :
- de la cause de la reprise
- de la qualité osseuse
- de la présence ou non d’une infection
- du nombre de chirurgies antérieures
- de l’état musculaire et général du patient
Dans la majorité des cas, l’intervention permet :
- une diminution des douleurs
- une amélioration de la marche
- une meilleure stabilité de la hanche
- une reprise des activités de la vie quotidienne
Cependant, les résultats restent souvent moins prévisibles qu’après une première prothèse de hanche.
Certaines douleurs résiduelles, une boiterie, une raideur ou une faiblesse musculaire peuvent persister.
La récupération complète peut nécessiter jusqu’à un an.
Les activités à faible impact (marche, vélo, natation, randonnée) sont généralement possibles. Les sports à risque élevé de chute ou d’impact important doivent être discutés au cas par cas.
La durée de vie d’une prothèse de reprise est variable et dépend notamment du stock osseux, du niveau d’activité et du risque infectieux.
Bénéfices et risques
Les principaux bénéfices attendus sont :
- diminution des douleurs
- amélioration de la fonction et de la marche
- correction d’un descellement ou d’une usure
- traitement d’une infection ou d’une instabilité
- amélioration de la qualité de vie
Les principaux risques sont :
- hématome
- infection du site opératoire
- infection de la nouvelle prothèse
- luxation
- fracture du fémur ou du bassin
- inégalité de longueur des membres inférieurs
- phlébite ou embolie pulmonaire
- douleurs persistantes
- descellement secondaire
- lésions musculaires ou tendineuses
- lésions nerveuses (notamment du nerf sciatique), rares mais graves
- lésions vasculaires exceptionnelles mais sévères
- nécessité d’une nouvelle intervention
Dans de rares situations graves, notamment lors d’infections chroniques complexes ou de complications vasculaires majeures, des chirurgies très lourdes peuvent être nécessaires, exceptionnellement jusqu’à une chirurgie de sauvetage.
