Alpes chirurgie

Déchirure méniscale (suture / méniscectomie)

Qu’est ce qu’une déchirure méniscale ?

Le genou comporte deux ménisques (interne et externe), structures fibro-cartilagineuses en forme de croissant, situées entre le fémur et le tibia.
Ils jouent un rôle dans la stabilité du genou, la répartition des contraintes et la protection du cartilage.

Une déchirure méniscale correspond à une fissuration ou une rupture de cette structure. Elle peut survenir :

-chez le sujet jeune, à la suite d’un traumatisme (sport, torsion brutale)

-chez les personnes dont le travail nécessite une position en hyperflexion régulière (électricien, plombier…)

-chez l’adulte plus âgé, dans un contexte dégénératif, liée à l’usure progressive du ménisque

Les symptômes les plus fréquents sont la douleur, les sensations de corps étranger intra-articulaire et parfois un épanchement récidivant.

Une forme particulière de déchirure méniscale est la lésion en anse de seau. Il s’agit d’un cas de figure dans lequel une large portion du ménisque est luxée dans l’échancrure. Cela peut s’associer à un blocage méniscal, c’est à dire l’impossibilité mécanique de faire une extension complète du genou (sans que la limitation soit liée à la douleur), alors que la flexion est conservée.

La chirurgie est généralement réalisée sous arthroscopie, mais une conversion en arthrotomie peut exceptionnellement être nécessaire.

Principe technique de l’intervention

L’intervention est réalisée sous arthroscopie, technique mini-invasive consistant à introduire une caméra et de fins instruments dans le genou à travers de petites incisions.

Méniscectomie partielle : seules les zones abîmées et instables sont retirées, en respectant le ménisque sain afin de préserver sa fonction.

Suture méniscale : la déchirure est réparée à l’aide d’implants spécifiques (dispositifs de suture) permettant la cicatrisation du ménisque, après avivement des tissus.

La chirurgie se déroule généralement en ambulatoire, sous anesthésie générale ou rachianesthésie.

Suites opératoires à court et moyen terme

Suites immédiates :

L’appui est généralement autorisé rapidement, avec des cannes béquilles pour soulager la douleur.

La douleur est en général modérée et bien contrôlée par le traitement antalgique.

Suites à moyen terme:

Une rééducation est prescrite pour récupérer la mobilité et l’autonomie.

Les suites varient selon le geste réalisé :

* après méniscectomie : reprise rapide de la marche et des activités quotidiennes

* après suture méniscale : protocole plus protecteur, avec limitation de la flexion à 90° maximum pendant 6 semaines

La reprise du sport est progressive et adaptée à chaque situation.

Résultats et évolution à long terme

L’évolution est progressive et dépend de la lésion initiale, du geste réalisé et de la rééducation. Les consultations de suivi permettent d’évaluer la consolidation, la mobilité, la force et la reprise des activités.


La préservation du ménisque, lorsqu’elle est possible, offre de meilleurs résultats à long terme en protégeant le cartilage et en limitant le risque d’arthrose. Il y a une association entre la réalisation d’une méniscectomie et le risque d’arthrose à 10 ans dans plusieurs études.

Cela dépend également de l’état préopératoire du patient et de l’articulation, les lésions méniscales pouvant survenir chez des patients présentant plusieurs facteurs de risque d’arthrose, voire une arthrose existante.

Bénéfices et risques

Bénéfices attendus

  • Diminution des douleurs
  • Diminution des blocages
  • Reprise des activités quotidiennes et sportives
  • Préservation du ménisque en cas de suture : la réparation permet de conserver le tissu méniscal et son rôle dans la répartition des contraintes et la protection du cartilage
  • Récupération généralement rapide après méniscectomie partielle : l’appui et la marche sont habituellement repris précocement

Risques et complications

  • Infection : complication rare après arthroscopie, pouvant nécessiter des antibiotiques et exceptionnellement un lavage chirurgical
  • Phlébite et embolie pulmonaire : complications rares, dont le risque dépend notamment des facteurs individuels et des conditions d’appui postopératoire
  • Hématome ou gonflement du genou : un épanchement articulaire est fréquent dans les premiers jours et diminue généralement progressivement
  • Raideur du genou : récupération incomplète de la flexion ou de l’extension, généralement améliorée par la mobilisation et la rééducation
  • Douleurs persistantes : certaines douleurs peuvent persister, notamment lorsqu’il existe des lésions cartilagineuses ou une arthrose associée
  • Échec de cicatrisation après suture : le ménisque réparé peut ne pas cicatriser ou se déchirer à nouveau, pouvant nécessiter une nouvelle arthroscopie et parfois une méniscectomie partielle
  • Nouvelle lésion méniscale : une nouvelle déchirure peut survenir secondairement, notamment lors d’un traumatisme ou de la reprise sportive
  • Lésion nerveuse ou vasculaire : complication exceptionnelle liée au passage des instruments ou au matériel de suture
  • Progression de l’arthrose : après méniscectomie, la diminution du tissu méniscal augmente les contraintes sur le cartilage et peut favoriser l’évolution de l’arthrose à long terme. Ce risque justifie de préserver et suturer le ménisque chaque fois que la lésion s’y prête
  • Réintervention : une nouvelle intervention peut être nécessaire en cas d’échec de cicatrisation, de nouvelle déchirure, de blocage persistant ou de symptômes récidivants
Quand s’alerter ?

Contactez rapidement l’équipe soignante ou les services d’urgence en présence de l’un des signes suivants :

  • douleur importante ou qui augmente malgré le traitement prescrit
  • impossibilité d’appuyer sur le membre opéré
  • déformation visible du membre
  • fièvre, écoulement de la cicatrice ou rougeur importante pouvant évoquer une infection
  • trouble neurologique ou vasculaire
  • essoufflement, douleur thoracique

Récupération après méniscectomie partielle

Sélectionnez une période pour afficher les objectifs habituels de récupération. Les délais sont indicatifs et adaptés par l’équipe soignante à votre genou, au geste réalisé et à votre activité.

Jours 0 à 3

Récupération précoce

  • Marche précoce selon les consignes reçues, avec béquilles si nécessaire.
  • Glace protégée, surélévation et traitement antalgique prescrit pour limiter douleur et gonflement.
  • Mobilisation douce, recherche de l’extension complète et réveil du quadriceps.
  • Surveillance de la cicatrice et du mollet.

Important : cette frise concerne une méniscectomie partielle. Elle ne s’applique pas à une suture méniscale, pour laquelle l’appui, la flexion, la conduite et la reprise sportive suivent souvent un protocole plus protecteur et plus long.

Préparer les étapes suivantes

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