La douleur fait partie du processus normal de récupération après une chirurgie orthopédique.
Son intensité, sa durée et son évolution varient selon le type d’intervention, le terrain du patient et la prise en charge mise en place.
On distingue classiquement trois périodes : les douleurs immédiates, celles du moyen terme et celles du long terme.

Les douleurs post-opératoires immédiates
Elles apparaissent dans les heures qui suivent l’intervention. Elles peuvent être intenses et difficilement supportables après des chirurgies lourdes (prothèse de genou, fractures…)
Elles sont liées à :
- l’agression chirurgicale des tissus
- l’inflammation locale
- parfois aux effets résiduels de l’anesthésie
Ces douleurs sont prises en charge par :
- antalgiques simples (paracétamol)
- anti-inflammatoires si autorisés
- parfois morphiniques sur une courte durée
- glace et surélévation du membre
L’objectif est de permettre :
- le confort au repos
- la mobilisation précoce
- le début de la rééducation
Une douleur intense et mal contrôlée doit toujours être signalée. A noter qu’il y a souvent un effet rebond à la levée de l’anesthésie, et que la gestion des douleurs est plus difficile la nuit.
Les douleurs du moyen terme
Elles concernent les semaines suivant l’intervention.
Elles sont souvent liées à :
- la cicatrisation
- la reprise de la mobilité
- la rééducation et le travail musculaire
- l’inflammation résiduelle
Elles sont souvent fluctuantes :
- présentes surtout à l’effort ou après la rééducation
- calmées par le repos, le froid et les antalgiques
À ce stade, la douleur est un signal d’adaptation : une légère gêne est normale, mais une douleur franche doit faire adapter le rythme de récupération.
Les douleurs du long terme
Au-delà de plusieurs mois, la douleur devient anormale si elle persiste.
Elle peut être liée à :
- une raideur articulaire
- une faiblesse musculaire persistante
- une inflammation chronique
- parfois une complication mécanique (conflit, usure, défaut d’alignement) ou une infection
Ces douleurs nécessitent une réévaluation :
- examen clinique
- imagerie si besoin
- adaptation du traitement ou de la rééducation
Le cas particulier des douleurs neuropathiques
Les douleurs neuropathiques sont liées à une irritation ou une lésion d’un nerf.
Elles ont des caractéristiques particulières :
- sensation de brûlure
- décharges électriques
- fourmillements
- engourdissement
- hypersensibilité au toucher
Elles peuvent apparaître :
- juste après la chirurgie
- ou à distance, lors de la cicatrisation nerveuse
Elles ne répondent pas toujours aux antalgiques classiques.
Elles nécessitent souvent des traitements spécifiques (médicaments ciblant le nerf) et parfois un avis spécialisé.
Elles sont évaluées par le score DN4.
Quand faut-il s’inquiéter ?
Il est important de consulter si :
- la douleur augmente brutalement
- elle devient permanente et très intense
- elle s’accompagne de fièvre, rougeur ou écoulement
- elle empêche toute mobilisation
- elle persiste plusieurs mois sans amélioration
