Prothèse totale de hanche (PTH)

Imagerie interactive

Passez la loupe sur la hanche droite du patient — située à gauche de l’image — pour faire apparaître les signes d’une coxarthrose sévère. Sur écran tactile, touchez puis déplacez la loupe.

Ce que révèle la loupe : un pincement presque complet de l’interligne articulaire, associé à une condensation de l’os sous-chondral, des géodes et des ostéophytes.

Illustration pédagogique. L’interprétation d’une radiographie réelle doit toujours être réalisée par un professionnel de santé et confrontée aux symptômes.

Introduction

La prothèse totale de hanche remplace une articulation devenue douloureuse ou raide. Elle associe une tige fémorale, une pièce cotyloïdienne et des surfaces mobiles.

On parle de prothèse totale de hanche quand on remplace la surface articulaire de l’os iliaque (cotyle). Sinon il s’agit d’une prothèse intermédiaire de hanche.

Différents sous concepts existent: prothèse cimentée ou sans ciment, prothèse à simple ou double mobilité, implants vissés… Et leur utilisation va varier en fonction des situations.

Ces éléments reproduisent le fonctionnement normal de l’articulation, permettant un mouvement plus fluide. Les matériaux utilisés (alliages métalliques, céramique, polyéthylène) sont biocompatibles et conçus pour durer dans le temps.

L’objectif principal de la prothèse de hanche est de diminuer la douleur, de restaurer la mobilité et d’améliorer la qualité de vie.

Indications

La prothèse totale de hanche est proposée lorsque les traitements médicaux ne sont plus suffisants pour soulager les symptômes.

La meilleure indication est un tableau qui associe :

* arthrose de la hanche avancée (coxarthrose)
* douleurs chroniques invalidantes malgré un traitement bien conduit (médicaments, infiltrations, rééducation)
* raideur importante limitant la marche et les gestes de la vie quotidienne
* altération significative de la qualité de vie

Elle peut aussi être indiquée dans les ostéonécroses, pathologies inflammatoires chroniques et dans les fractures du col fémoral.

La décision opératoire est toujours personnalisée, prise après une discussion entre le patient et le chirurgien.

Principe technique de l’intervention

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale ou rachianesthésie. Une anesthésie locorégionale complémentaire est parfois réalisée. Elle dure en moyenne 1 heure.


Les grandes étapes sont :

* exposition de l’articulation de la hanche (les muscles pelvitrochantériens sont coupés, la capsule articulaire est ouverte, le labrum et le ligament rond sont réséqués)
* coupe du col fémoral pour retirer la tête et fraisage du cotyle afin de le rendre hémisphérique
* mise en place d’implants d’essai pour vérifier la longueur des membres, la stabilité de l’articulation
* mise en place des implants prothétiques adaptés à l’anatomie du patient, avec ou sans ciment
* fermeture chirurgicale

Dans certains cas, des évènements inattendus peuvent survenir, nécessitant d’adapter la technique opératoire (par exemple mise en place de cerclage ou plaque + vis si fracture peropératoire).

Suites opératoires à court et moyen terme

Suites immédiates:

* lever précoce, souvent dès le jour même ou le lendemain
* reprise progressive de la marche avec appui autorisé, en utilisant des cannes béquilles
* prise en charge de la douleur adaptée
* rééducation débutée précocement avec un kinésithérapeute

La personne opérée est éduquée vis-à-vis des positions à risque de luxation de prothèse de hanche, qui sont variables selon la voie d’abord utilisée.

La position assise (notamment siège passager dans une voiture) est rapidement possible. La marche dans des escaliers également, marche par marche.

Les douleurs sont généralement importantes dans les jours qui suivent la chirurgie, malgré les traitements antalgiques.

La durée d’hospitalisation est variable, de 2 à 5 jours, parfois moins dans le cadre de protocoles de récupération rapide.

Les pansements sont à faire refaire tous les deux jours pendant 2 semaines, et les points de suture sont à faire retirer au bout de deux semaines. Parfois des pansements prolongés sont nécessaires si un trouble de cicatrisation survient.

Des anticoagulants sont prescrits pour limiter le risque de phlébite / embolie pulmonaire.

Suites à moyen terme:

Dans les semaines suivant l’intervention :

* la douleur diminue progressivement
* la mobilité de la hanche s’améliore
* la marche devient de plus en plus autonome

Les patients se passent de béquille vers 4 à 6 semaines et reprennent la conduite entre 4 et 8 semaines environ.

La rééducation est essentielle et se poursuit sur plusieurs mois. La plupart des patients reprennent une vie quotidienne autonome entre 6 et 12 semaines après l’intervention.

Résultats et évolution à long terme

À long terme, la prothèse totale de hanche permet dans la majorité des cas :

* une diminution / disparition des douleurs
* une amélioration de la mobilité
* une reprise des activités de la vie courante

Les activités à faible impact (marche, vélo, natation, randonnée) sont généralement possibles. Les sports à impact élevé sont déconseillés (course à pied). Les activités à risque de chute à forte cinétique (VTT, ski) ne sont pas contre-indiquées mais ne sont à pratiquer que si le patient avait déjà un bon niveau technique préalable.

La durée de vie moyenne d’une prothèse de hanche est aujourd’hui de 15 à 20 ans, voire plus selon les patients. Le changement de la prothèse est possible, mais parfois plus compliqué techniquement que la pose d’une prothèse de première intention du fait de pertes de substance osseuse.

Indépendamment de l’usure des pièces de la prothèse, un descellement peut survenir. La tige fémorale et le cotyle doivent être strictement adhérents à l’os (soit via du ciment, soit via le revêtement de la prothèse). En cas de descellement, il apparaît une mobilité entre la prothèse et l’os, ce qui entraîne de l’inflammation et des douleurs. Cela peut nécessiter le changement de la prothèse.

Bénéfices et risques

Bénéfices attendus

  • Diminution des douleurs
  • Amélioration de la mobilité
  • Amélioration de la marche et de la qualité de vie

Risques et complications

  • Infection : superficielle ou profonde autour de la prothèse, pouvant nécessiter des antibiotiques, une nouvelle intervention et parfois le remplacement de la prothèse
  • Phlébite et embolie pulmonaire : risque diminué par le traitement anticoagulant préventif et la mobilisation précoce
  • Hématome ou saignement : généralement résolutif spontanément, nécessitant rarement une nouvelle intervention ou une transfusion
  • Luxation de la prothèse : déboîtement de la tête prothétique hors de la cupule, pouvant nécessiter une réduction sous anesthésie et, en cas de récidive, une nouvelle intervention
  • Différence de longueur des membres inférieurs : une sensation de jambe plus longue ou plus courte peut survenir après l’intervention
  • Fracture autour de la prothèse : possible pendant l’intervention ou secondairement, notamment après une chute, et pouvant nécessiter une fixation ou le changement d’un implant
  • Lésion nerveuse ou vasculaire : complication rare pouvant entraîner notamment des troubles sensitifs ou moteurs du membre inférieur, notamment sur le nerf sciatique
  • Douleurs persistantes : certaines douleurs peuvent persister malgré une prothèse correctement positionnée et fonctionnelle
  • Boiterie ou faiblesse musculaire : généralement transitoire, mais pouvant parfois persister en cas d’insuffisance des muscles fessiers
  • Usure ou descellement de la prothèse : les implants peuvent s’user ou perdre progressivement leur fixation à l’os au cours des années
  • Ossifications autour de la hanche : formation d’os dans les tissus autour de l’articulation, rarement responsable d’une limitation importante de la mobilité
  • Réintervention : une usure, un descellement, une infection, une luxation récidivante ou une fracture peuvent nécessiter secondairement une reprise de la prothèse
Quand s’alerter ?

Contactez rapidement l’équipe soignante ou les services d’urgence en présence de l’un des signes suivants :

  • douleur importante ou qui augmente malgré le traitement prescrit
  • impossibilité d’appuyer sur le membre opéré
  • déformation visible du membre
  • fièvre, écoulement de la cicatrice ou rougeur importante pouvant évoquer une infection
  • trouble neurologique ou vasculaire
  • essoufflement, douleur thoracique

Récupération après prothèse totale de hanche

Sélectionnez une période pour afficher les objectifs habituels. Les délais sont indicatifs et adaptés par l’équipe soignante à votre récupération, au geste réalisé et à votre activité.

S0 à S1

Phase initiale

  • Lever souvent le jour même ou le lendemain, avec appui généralement autorisé et deux béquilles.
  • Apprentissage des transferts et des positions adaptées à la voie d’abord.
  • Escaliers possibles avant la sortie, une marche à la fois, avec rampe et béquille après validation du kinésithérapeute.
  • Marche courte et répétée, exercices simples, prévention de la phlébite et surveillance de la cicatrice.

Important : La voie d’abord, la qualité musculaire, l’autonomie avant l’opération et les éventuelles complications peuvent modifier cette progression. Les précautions de luxation sont celles indiquées par l’équipe.

Préparer les étapes suivantes

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