Combien de temps dure une prothèse de hanche ou de genou ?
L’une des questions les plus fréquentes avant une chirurgie est : « Combien de temps va durer ma prothèse ? »
Pendant longtemps, on répondait en parlant d’usure des matériaux. Aujourd’hui, grâce aux progrès des implants et aux grands registres internationaux, la réponse a évolué.
En réalité, la durée de vie d’une prothèse dépend davantage du risque de devoir la changer pour une complication que d’une usure « normale » du matériel.
Une prothèse ne possède pas une « date de péremption »
Il est fréquent d’entendre qu’une prothèse dure 15 ou 20 ans. Cette affirmation est aujourd’hui trop simpliste.
La bonne question est plutôt :
Quelle est la probabilité d’avoir encore sa prothèse sans nouvelle intervention après 15, 20 ou 25 ans ?
On parle alors de survie de la prothèse.
Prothèse totale de hanche (PTH)
Les grands registres internationaux montrent d’excellents résultats à long terme.
Survie des prothèses de hanche modernes
| Temps après l’intervention | Probabilité de conserver sa prothèse |
|---|---|
| 10 ans | 95 à 98 % |
| 15 ans | 93 à 96 % |
| 20 ans | 85 à 92 % |
| 25 ans | 75 à 85 % |
Pourquoi une PTH est-elle changée ?
Les principales causes sont :
- Infection
- Luxations récidivantes
- Fracture autour de la prothèse
- Descellement de certains composants
- Rarement, usure importante du polyéthylène

Prothèse totale de genou (PTG)
Les résultats sont également très encourageants.
Survie des prothèses de genou modernes
| Temps après l’intervention | Probabilité de conserver sa prothèse |
|---|---|
| 10 ans | 95 à 97 % |
| 15 ans | 92 à 95 % |
| 20 ans | 85 à 90 % |
| 25 ans | 80 à 85 % |
Pourquoi une PTG est-elle changée ?
Les causes les plus fréquentes sont :
- Infection
- Descellement
- Instabilité du genou
- Douleurs persistantes nécessitant une révision
- Fracture autour de la prothèse
L’usure isolée du matériau devient aujourd’hui relativement rare.

L’usure des matériaux : un problème beaucoup moins fréquent qu’avant
Les implants actuels bénéficient d’améliorations importantes :
Pour la hanche :
- Polyéthylènes hautement réticulés
- Meilleure fixation osseuse
- Optimisation des couples de frottement
Pour le genou :
- Polyéthylènes plus résistants
- Dessins prothétiques améliorés
- Techniques chirurgicales plus précises
Ainsi, chez de nombreux patients, la prothèse survivra davantage au patient que l’inverse.

Faut-il attendre avant de se faire opérer ?
Autrefois, certains patients étaient encouragés à « tenir le plus longtemps possible » pour éviter d’user leur prothèse.
Cette vision a changé.
Il n’est généralement pas souhaitable de vivre pendant des années avec une douleur importante, une perte d’autonomie ou une diminution marquée de la qualité de vie uniquement par crainte d’une usure prématurée.
L’indication opératoire repose avant tout sur :
- l’intensité des douleurs
- la gêne dans les activités quotidiennes
- l’impact sur le sommeil, le travail ou les loisirs
- l’échec des traitements non chirurgicaux
Question fréquente
« Est-ce que ma prothèse va s’user parce que je marche beaucoup ? »
Dans la majorité des cas, marcher, voyager, faire du vélo ou reprendre une activité physique adaptée ne compromet pas la durée de vie de la prothèse. Au contraire, rester actif participe souvent à un meilleur résultat fonctionnel et à une meilleure santé générale.
