Ressources · prévention thromboembolique
Anticoagulants en chirurgie orthopédique
Comparer les voies, les doses préventives et curatives usuelles, ainsi que la surveillance biologique des principaux anticoagulants.
Tableau interactif
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| Anticoagulant | Classe | Voie | Usage | Posologie préventive usuelle indicative | Posologie curative usuelle indicative | Surveillance biologique | Contre-indications / vigilance | Effets indésirables principaux | Complément |
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Attention : les schémas correspondent à des repères adultes et ne couvrent pas toutes les situations. Une insuffisance rénale ou hépatique, un poids extrême, un âge avancé, une grossesse, une TIH, une anesthésie neuraxiale ou une interaction peuvent imposer une autre molécule, une autre dose ou une interruption.
Maladie thromboembolique veineuse : mécanisme et facteurs de risque
La maladie thromboembolique veineuse (MTEV) regroupe la thrombose veineuse profonde — le plus souvent dans une jambe — et l’embolie pulmonaire, lorsque le caillot migre vers les poumons.
La chirurgie favorise la formation d’un caillot par trois mécanismes associés : ralentissement du sang veineux pendant l’immobilisation, activation de la coagulation par l’intervention et l’inflammation, et atteinte des tissus ou des vaisseaux. Le risque augmente notamment avec :
- une chirurgie majeure de la hanche ou du genou, une fracture, un traumatisme important, une intervention prolongée ou une reprise tardive de l’appui ;
- un antécédent de phlébite ou d’embolie pulmonaire, ou une thrombophilie majeure ;
- un cancer actif, l’âge, l’obésité, un alitement prolongé ou une mobilité très réduite ;
- une insuffisance cardiaque ou respiratoire, un déficit neurologique, une grossesse ou le post-partum, une contraception œstroprogestative ou un traitement hormonal.
Le niveau de risque est évalué avant l’intervention puis réévalué si la mobilité ou l’état clinique changent.
Mesures de prévention de la maladie thromboembolique veineuse
- Mobilisation précoce : lever, marche et exercices de cheville dès que l’intervention et les consignes d’appui le permettent ; éviter l’immobilité prolongée.
- Hydratation adaptée : éviter la déshydratation, sauf restriction prescrite pour une autre maladie.
- Prévention mécanique : compression pneumatique intermittente et, dans certaines situations, compression médicale correctement ajustée. Elle est particulièrement utile lorsque les anticoagulants sont temporairement contre-indiqués.
- Prévention médicamenteuse : anticoagulant prescrit selon l’intervention et les risques thrombotique et hémorragique. La molécule, l’heure de début et la durée dépendent aussi de l’hémostase, de la fonction rénale et du type d’anesthésie.
- Observance : respecter les horaires et la durée de l’ordonnance ; ne jamais interrompre, doubler ou modifier une dose sans avis médical.
Ces mesures diminuent le risque sans le supprimer totalement. Une jambe qui gonfle et devient douloureuse, un essoufflement brutal, une douleur thoracique ou un malaise imposent un avis urgent.
Durées préventives : grands repères
- Après prothèse totale de hanche : environ 4 à 5 semaines ; le RCP de l’apixaban prévoit 32 à 38 jours. La durée dépend de la molécule et du risque.
- Après prothèse totale de genou : souvent 10 à 14 jours.
- Après certaines fractures opérées du membre inférieur ou rupture du tendon d’Achille : jusqu’à récupération de l’appui plantaire avec déroulé du pied, avec un minimum souvent fixé à 7 jours selon les recommandations SFAR 2024.
- Après arthroscopie simple ou ligamentoplastie : pas de prophylaxie systématique en l’absence de facteurs de risque majeurs.
La durée inscrite sur l’ordonnance reste la seule à suivre.
Signes de saignement nécessitant un avis rapide
- Saignement qui ne s’arrête pas, hématome qui augmente ou plaie opératoire très sanguinolente.
- Urines rouges, selles noires, vomissement sanglant ou saignement gynécologique inhabituel.
- Pâleur, malaise, essoufflement, fatigue brutale ou maux de tête inhabituels.
- Chute ou choc sur la tête, même sans symptôme immédiat.
En cas de malaise, déficit neurologique, saignement abondant ou traumatisme crânien : appeler le 15 ou le 112.
Si vous prenez déjà un anticoagulant avant l’intervention
Ne l’arrêtez pas vous-même. L’équipe organise un plan écrit : dernière prise, éventuel relais, heure de reprise et contrôles. Le plan dépend de l’indication, de la molécule, de la fonction rénale, du risque de saignement et du type d’anesthésie.
Aspirine : pourquoi elle ne figure pas dans le tableau
L’aspirine est un antiagrégant plaquettaire, pas un anticoagulant. Les recommandations françaises SFAR 2024 ne recommandent pas l’aspirine comme thromboprophylaxie veineuse après les traumatismes orthopédiques concernés. Toute indication cardiovasculaire préexistante doit néanmoins être gérée individuellement.
Surveillance pratique et interactions à connaître
- Avant prescription : rechercher saignement, antécédent de TIH, grossesse, médicaments associés ; vérifier NFS-plaquettes, poids, fonctions rénale et hépatique. Pour les AOD, estimer la clairance selon Cockcroft–Gault lorsque le RCP le demande.
- HBPM et HNF : surveillance plaquettaire prescrite en contexte chirurgical ; une chute des plaquettes ou une nouvelle thrombose peut révéler une TIH, même sans saignement. Contacter immédiatement l’équipe ; elle organise l’arrêt/substitution éventuelle. Surveiller les points d’injection et la kaliémie si terrain à risque.
- AOD : pas d’ajustement sur un INR ou un TCA standard. Contrôler hémoglobine, rein et foie au départ puis selon âge, durée et risques ; pour un traitement prolongé, au moins annuellement chez un patient stable et plus souvent si fragilité, déshydratation ou dégradation clinique.
- AVK : INR rapproché au début puis au moins mensuel à l’équilibre ; contrôle supplémentaire après ajout ou arrêt de médicament, notamment antibiotique. Conserver une alimentation régulière.
- Interactions : ne pas ajouter ibuprofène, kétoprofène, aspirine ou un second anticoagulant sans validation. Rifampicine, certains azolés et antiviraux, antidépresseurs et plantes (millepertuis) peuvent modifier efficacité ou risque de saignement.
- Oubli, examen invasif ou anesthésie : demander la conduite propre à la molécule. Ne pas arrêter ni doubler automatiquement une dose. Les délais de ponction/cathéter neuraxial dépendent de la dose, du rein et du produit.
Sources médicales et date de vérification
Vérification documentaire le 17 septembre 2026. Références : RCP (rubriques 4.2 à 4.8), autorités de santé et recommandations professionnelles. Ces données ne remplacent pas une prescription personnalisée. Les contre-indications, excipients et adaptations complètes doivent être vérifiés dans le RCP de la spécialité délivrée.
- SFAR–GIHP, thromboprophylaxie périopératoire, 2024 — ouvrir la référence
- HAS, surveillance biologique des héparines et AVK, 2023 — ouvrir la référence
- HAS, bon usage des anticoagulants oraux — ouvrir la référence
- EMA, RCP Eliquis (apixaban) — ouvrir la référence
- EMA, RCP Xarelto (rivaroxaban) — ouvrir la référence
- EMA, RCP Pradaxa (dabigatran) — ouvrir la référence
- EMA, RCP Lixiana (édoxaban) — ouvrir la référence
- EMA, RCP Arixtra (fondaparinux) — ouvrir la référence
- ANSM/BDPM, RCP Lovenox (énoxaparine) — ouvrir la référence
- ANSM/BDPM, RCP Fragmine (daltéparine) — ouvrir la référence
- ANSM/BDPM, RCP Innohep 4 500 (tinzaparine) — ouvrir la référence
- ANSM/BDPM, Calciparine (héparine non fractionnée) — ouvrir la référence
- ANSM/BDPM, Coumadine (warfarine) — ouvrir la référence
- ANSM/BDPM, acénocoumarol — ouvrir la référence
- ANSM/BDPM, Argatroban Accord — ouvrir la référence
