Dysplasie de hanche
La dysplasie de hanche correspond à une couverture insuffisante de la tête fémorale par le cotyle. Cette anomalie de forme répartit moins bien les contraintes sur le cartilage et peut favoriser une usure précoce de l’articulation.
Elle peut être découverte dans l’enfance ou devenir symptomatique à l’adolescence ou à l’âge adulte. Son retentissement varie beaucoup : certaines personnes restent peu gênées, tandis que d’autres développent douleur, instabilité ou arthrose.
Physiopathologie
Dans une hanche normale, la tête du fémur est largement contenue dans le cotyle. En cas de dysplasie, le cotyle est trop peu profond ou mal orienté. La surface portante est réduite, les pressions se concentrent sur le rebord du cotyle et peuvent léser le labrum puis le cartilage.
La dysplasie peut être isolée ou associée à une anomalie de rotation du fémur ou du bassin. L’évolution dépend de l’importance de l’anomalie, de l’âge, de l’activité et de l’état du cartilage.
Symptômes
La douleur siège le plus souvent dans l’aine ou à la face antérieure de la hanche. Elle peut aussi être ressentie sur le côté de la hanche ou dans la fesse.
- douleur à la marche prolongée, à la course ou lors des pivots
- sensation d’accrochage, de claquement ou d’instabilité
- fatigabilité, boiterie ou diminution de la mobilité
- raideur et douleur plus constante lorsqu’une arthrose s’installe
Bilan
L’examen précise la localisation de la douleur, la mobilité, la stabilité, la force musculaire et recherche une boiterie. Des radiographies du bassin et de la hanche mesurent la couverture et l’orientation du cotyle et évaluent l’arthrose.
Une IRM ou un arthro-scanner peut préciser l’état du labrum et du cartilage. Un scanner est parfois demandé pour analyser les versions osseuses et préparer une chirurgie.
Traitement non chirurgical
Le traitement dépend des symptômes et de l’état du cartilage. Il peut associer adaptation des activités, maintien d’une activité à faible impact, rééducation ciblant les muscles fessiers et le contrôle du bassin, prise en charge du poids et antalgiques adaptés au patient.
Une infiltration peut parfois aider à confirmer l’origine articulaire de la douleur et apporter un soulagement temporaire. Elle ne corrige pas l’anomalie osseuse.
Traitement chirurgical
Chez un patient jeune présentant une dysplasie symptomatique avec cartilage encore préservé, une ostéotomie péri-acétabulaire peut réorienter le cotyle afin de mieux couvrir la tête fémorale. Des gestes complémentaires peuvent être associés selon les lésions.
Lorsque l’arthrose est avancée, la chirurgie conservatrice est généralement moins adaptée et une prothèse totale de hanche peut être discutée. La décision repose sur les symptômes, l’imagerie, l’âge et les attentes fonctionnelles.
Évolution
Une surveillance clinique et radiographique peut être proposée lorsque les symptômes sont modérés. Le traitement conservateur améliore souvent le confort mais ne modifie pas la forme de la hanche. Une chirurgie de préservation réalisée avant une dégradation importante du cartilage peut ralentir l’évolution chez des patients sélectionnés.
