Bursite du genou

Physiopathologie

Une bursite du genou correspond à l’inflammation d’une petite poche remplie de liquide appelée bourse séreuse. Ces bourses sont situées entre les différentes structures du genou et permettent de diminuer les frottements entre la peau, les tendons et les reliefs osseux.

Plusieurs bourses existent autour du genou. Les plus fréquemment responsables de symptômes sont la bourse prépatellaire, située devant la rotule, et la bourse de la patte d’oie, située à la face interne du tibia.

La majorité des bursites évoluent favorablement avec un traitement non chirurgical.

Les bourses séreuses contiennent normalement une très faible quantité de liquide et permettent aux différents tissus de glisser les uns par rapport aux autres en limitant les frottements.

Lorsqu’une bourse est soumise à des contraintes répétées, à un traumatisme ou à une inflammation, sa paroi peut s’épaissir et produire une quantité excessive de liquide. La bourse augmente alors de volume et peut devenir douloureuse.

Bursite pré patellaire

La bursite prépatellaire se développe directement en avant de la rotule.

Elle est particulièrement favorisée par les positions prolongées ou répétées à genoux. Elle peut ainsi survenir dans certaines professions ou activités nécessitant un appui fréquent sur les genoux.

Elle peut également apparaître brutalement après un choc direct sur la face antérieure du genou.

Plus rarement, la bourse peut être infectée, notamment lorsqu’une plaie ou une abrasion cutanée permet à des bactéries de pénétrer dans la bourse. On parle alors de bursite septique, qui nécessite une prise en charge spécifique.

Bursite de la patte d’oie

La bourse de la patte d’oie est située à la face interne du tibia, quelques centimètres sous l’articulation du genou.

Son inflammation peut être favorisée par des sollicitations répétées, certaines activités sportives, une modification de la mécanique du membre inférieur ou une arthrose du genou associée.

La douleur est alors principalement située à la partie interne et légèrement inférieure du genou.

D’autres bursites existent autour du genou mais sont beaucoup plus rares.

Symptômes

Les symptômes dépendent de la bourse concernée.

Bursite pré patellaire

Le signe le plus caractéristique est un gonflement situé directement devant la rotule.

La tuméfaction peut être importante et parfois impressionnante alors que l’articulation du genou elle-même reste relativement mobile.

Les principaux symptômes sont :

  • gonflement en avant de la rotule
  • douleur lors de l’appui sur le genou
  • gêne lors de la flexion
  • sensibilité au toucher
  • parfois chaleur ou rougeur locale

La douleur est particulièrement provoquée par les activités nécessitant de s’agenouiller.

Une bursite prépatellaire doit être distinguée d’un épanchement intra-articulaire : dans la bursite, le liquide se situe essentiellement devant la rotule et non à l’intérieur de l’articulation.

Bursite de la patte d’oie

Elle provoque principalement :

  • douleur à la face interne du genou
  • douleur située légèrement sous l’interligne articulaire
  • sensibilité à la pression
  • douleur lors de certains efforts, notamment la marche prolongée ou les escaliers

Contrairement à la bursite prépatellaire, elle n’entraîne généralement pas de volumineux gonflement visible.

Bilan

Le diagnostic est généralement établi grâce à l’interrogatoire et à l’examen clinique.

Le médecin recherche notamment :

  • la localisation exacte de la douleur
  • l’existence d’un gonflement
  • les activités déclenchant les symptômes
  • un traumatisme récent
  • des activités répétées à genoux
  • une plaie cutanée
  • des signes pouvant évoquer une infection
Bilan biologique

Une prise de sang peut être réalisée pour rechercher un syndrome inflammatoire biologique. Elle peut également permettre de chercher le passage de bactéries dans le sang en cas de tableau infectiologique grave.

Imagerie

Radiographies

Les radiographies ne montrent pas directement la bursite mais peuvent être utiles pour rechercher une autre cause de douleur, notamment une arthrose, une calcification ou une anomalie osseuse.

Échographie

L’échographie permet de visualiser la bourse et son contenu.

Elle peut être particulièrement utile lorsque le diagnostic est incertain ou pour différencier une bursite d’une autre cause de gonflement.

IRM

Une IRM est rarement nécessaire pour une bursite typique.

Elle peut être réalisée lorsque les symptômes sont inhabituels ou lorsque l’on recherche une autre pathologie du genou.

Ponction

Lorsqu’une bursite infectieuse est suspectée, une ponction peut être réalisée afin de prélever le liquide contenu dans la bourse.

Le liquide peut être analysé pour rechercher des bactéries et des cristaux, notamment en cas de suspicion de goutte.

La ponction possède donc surtout un intérêt diagnostique lorsqu’une infection ou une maladie microcristalline est envisagée.

Traitement non chirurgical

La grande majorité des bursites du genou ne nécessite aucune intervention chirurgicale.

Adaptation des activités

La première mesure consiste à diminuer temporairement les activités responsables de l’irritation de la bourse.

En cas de bursite prépatellaire, il est notamment conseillé d’éviter les positions prolongées à genoux.

Lorsque cette position est indispensable pour le travail ou certaines activités, l’utilisation de protections rembourrées pour les genoux permet de limiter les pressions directes.

Glace et compression

L’application de glace peut diminuer la douleur et l’inflammation pendant les phases douloureuses.

En présence d’un gonflement important, une compression adaptée peut parfois permettre de limiter la réaccumulation de liquide.

Traitement médicamenteux

Des antalgiques peuvent être utilisés lorsque la douleur est importante.

Des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent également être proposés en l’absence de contre-indication, particulièrement lors des épisodes inflammatoires aigus.

Bursite infectieuse

Une bursite infectieuse nécessite un traitement spécifique par antibiotiques, généralement associé à une ponction ou un drainage de la bourse.

Une intervention chirurgicale peut être nécessaire lorsque l’infection ne peut pas être contrôlée par ces traitements.

Traitement chirurgical

La chirurgie est exceptionnellement nécessaire pour traiter une bursite du genou.

Elle peut être envisagée en cas de :

  • bursite prépatellaire chronique et récidivante malgré un traitement médical bien conduit ;
  • gonflements répétés responsables d’une gêne fonctionnelle importante ;
  • bursite infectieuse persistante malgré les antibiotiques et le drainage ;
  • épaississement chronique important de la bourse.

L’intervention consiste généralement à réaliser une bursectomie, c’est-à-dire l’ablation de la bourse pathologique.

Après cicatrisation, les tissus environnants continuent à permettre le fonctionnement du genou sans que la présence de cette bourse soit indispensable.

La décision chirurgicale reste néanmoins rare, notamment en raison de la proximité de la bourse prépatellaire avec la peau et des problèmes de cicatrisation qui peuvent survenir dans cette région.

Évolution

L’évolution d’une bursite du genou est généralement favorable.

Une bursite aiguë liée à une sollicitation excessive ou à un traumatisme peut disparaître progressivement en quelques semaines lorsque le facteur déclenchant est supprimé.

La reprise des activités est ensuite progressive en fonction de la disparition de la douleur et du gonflement.

Certaines bursites peuvent néanmoins devenir chroniques ou récidiver lorsque les contraintes responsables persistent, notamment chez les personnes travaillant régulièrement à genoux.

Dans ces situations, la prévention est essentielle : adaptation des activités, protection du genou et limitation des pressions répétées permettent de réduire le risque de récidive.

Une bursite infectieuse possède une évolution différente et nécessite un traitement rapide afin d’éviter l’extension de l’infection aux tissus environnants.

Enfin, une bursite n’est pas synonyme d’arthrose : la bourse est située en dehors de l’articulation et son inflammation n’entraîne pas directement une destruction du cartilage du genou.