Syndrome fémoro-patellaire

Physiopathologie

Le syndrome fémoro-patellaire est une douleur située autour ou derrière la patella, souvent déclenchée par les activités qui augmentent les contraintes entre la patella et le fémur.

Il est fréquent chez les sportifs mais peut survenir à tout âge. Il ne correspond pas nécessairement à une usure du cartilage.

La douleur résulte d’une combinaison de surcharge, augmentation trop rapide de l’activité, déficit de force ou de contrôle de la hanche et du genou, raideur et sensibilité des tissus autour de la patella.

L’alignement et le trajet patellaire peuvent participer, mais une anomalie visible à l’imagerie n’explique pas toujours à elle seule les symptômes.

Symptômes

Les signes d’atteinte fonctionnelle peuvent être :

  • Douleur antérieure diffuse en montant ou descendant les escaliers
  • Douleur au squat, à la course, au saut ou après une position assise prolongée
  • Craquements parfois présents mais non spécifiques
  • Sensation de faiblesse

Un blocage vrai du genou, ou un épanchement, suggèrent un autre type d’atteinte.

Bilan

Le diagnostic du syndrome fémoro-patellaire est avant tout clinique. L’examen recherche une douleur en rapport avec l’articulation entre la rotule et le fémur et évalue les facteurs pouvant favoriser les symptômes.

Examen clinique :

  • Localisation de la douleur, le plus souvent à l’avant du genou ou autour de la patella
  • Recherche d’une douleur lors des escaliers, des squats ou après une position assise prolongée
  • Étude de la mobilité et du trajet de la rotule lors des mouvements du genou
  • Recherche d’une douleur à la mobilisation ou à la compression de la rotule
  • Évaluation de la force musculaire, notamment du quadriceps et des muscles de la hanche
  • Analyse de l’axe du membre inférieur et des facteurs favorisant un mauvais contrôle du genou
  • Recherche d’une autre cause de douleur du genou

Examens d’imagerie :

L’imagerie n’est pas toujours nécessaire lorsque les symptômes et l’examen sont typiques.

  • Radiographies : elles permettent d’étudier la morphologie et la position de la patella et de rechercher une autre pathologie de l’articulation.
  • IRM : elle peut être proposée en cas de symptômes persistants ou atypiques. Elle analyse notamment le cartilage fémoro-patellaire et recherche d’éventuelles lésions associées.
  • Scanner : rarement nécessaire dans un syndrome fémoro-patellaire simple. Il peut être utile dans certaines anomalies d’alignement ou d’instabilité de la rotule.

Le diagnostic repose sur la concordance entre les symptômes et l’examen clinique : une anomalie morphologique visible sur l’imagerie n’est pas nécessairement responsable de la douleur.

Traitement non chirurgical

Le syndrome fémoro-patellaire relève dans la grande majorité des cas d’un traitement non chirurgical. L’objectif est de diminuer les contraintes douloureuses sur l’articulation, puis d’augmenter progressivement sa capacité à supporter les efforts. La rééducation et l’adaptation des activités constituent les éléments essentiels du traitement.

Rééducation :

  • Maintien d’une activité physique compatible avec la douleur plutôt qu’un repos complet
  • Renforcement progressif du quadriceps
  • Renforcement des muscles de la hanche et des fessiers, notamment les abducteurs et rotateurs externes
  • Travail du contrôle du genou lors des squats, des escaliers, de la course et des activités sportives
  • Exercices en chaîne fermée puis augmentation progressive des charges
  • Travail de mobilité et assouplissements lorsqu’une raideur est identifiée
  • Reprise progressive de la course, des sauts et des changements de direction selon les symptômes
  • Taping rotulien ou semelles orthopédiques dans certaines situations, essentiellement lorsqu’ils permettent de diminuer les douleurs

Adaptation des activités et hygiène de vie :

  • Diminuer temporairement les activités qui déclenchent fortement la douleur : course, dénivelé, escaliers répétés, squats profonds ou sauts
  • Éviter cependant l’arrêt complet de l’activité physique
  • Fractionner les efforts et augmenter progressivement leur durée et leur intensité
  • Pour la course, adapter temporairement le kilométrage, le dénivelé et l’intensité des entraînements
  • Privilégier pendant les périodes douloureuses des activités mieux tolérées comme la marche, le vélo ou la natation
  • Maintenir une activité physique régulière et, lorsqu’elle est nécessaire, favoriser une réduction progressive du poids afin de diminuer les contraintes sur le genou

La récupération est généralement progressive sur plusieurs mois. Une douleur modérée pendant certains exercices peut être acceptable si elle reste contrôlée et revient rapidement à son niveau habituel après l’effort. L’objectif n’est pas d’éviter durablement les contraintes, mais de réentraîner progressivement le genou à les supporter.

Traitement chirurgical

Le syndrome fémoro-patellaire isolé relève essentiellement d’un traitement non chirurgical. Une intervention n’est habituellement pas indiquée en l’absence de lésion anatomique spécifique susceptible de bénéficier d’un traitement chirurgical.

Évolution

L’amélioration est souvent progressive sur plusieurs semaines ou mois. Des récidives sont possibles lors d’une hausse brutale d’activité. Un programme d’entretien, une progression raisonnable des charges et la correction des facteurs identifiés réduisent le risque de rechute.