Ostéochondrite disséquante

Physiopathologie

L’ostéochondrite disséquante est une atteinte localisée de l’os situé sous le cartilage. Le fragment osseux et son cartilage peuvent rester stables, se fissurer ou se détacher dans l’articulation.

Elle touche surtout le genou chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte jeune, mais peut aussi concerner la hanche, la cheville ou le coude.

La cause est probablement multifactorielle : microtraumatismes répétés, particularités vasculaires, croissance et parfois terrain familial. La diminution d’apport sanguin fragilise l’os sous-chondral.

Le potentiel de guérison est meilleur lorsque les cartilages de croissance sont encore ouverts et que le fragment est stable.

Symptômes

Le début peut être brutal ou progressif, généralement en dehors de tout contexte traumatique. Les symptômes peuvent être :

  • Douleur à l’effort, souvent mal localisée
  • Gonflement récidivant de l’articulation
  • Craquements, accrochages ou limitation de mobilité
  • Blocage du genou si un fragment devient mobile
Bilan

Examen clinique :

L’examen recherche la localisation de la douleur, un gonflement du genou et une limitation des mobilités. Il précise également le retentissement de la lésion sur les activités physiques et sportives.

  • Douleur généralement localisée au niveau du genou, souvent déclenchée par l’effort
  • Recherche d’un épanchement articulaire
  • Étude des mobilités du genou
  • Recherche d’une douleur à la palpation ou lors de la mobilisation
  • Recherche de sensations d’accrochage, de blocage ou d’instabilité
  • Évaluation de la marche et des activités sportives

Examens d’imagerie :

L’imagerie permet de confirmer le diagnostic d’ostéochondrite disséquante, de préciser la taille de la lésion et surtout d’évaluer sa stabilité.

  • Radiographies : elles permettent de visualiser la lésion osseuse, sa localisation et son étendue. Des clichés spécifiques peuvent être réalisés pour mieux étudier les condyles fémoraux.
  • IRM : c’est l’examen de référence pour analyser le cartilage et l’os sous-chondral. Elle permet notamment d’évaluer la stabilité de la lésion, élément essentiel pour guider le traitement.
  • Scanner : plus rarement nécessaire, il peut compléter le bilan pour préciser l’atteinte osseuse ou préparer une intervention chirurgicale.

Le bilan doit également tenir compte de l’âge du patient et de la maturité du squelette, car le potentiel de cicatrisation est généralement meilleur lorsque les cartilages de croissance sont encore ouverts.

Traitement non chirurgical

Chez un jeune patient avec lésion stable, le traitement repose sur l’arrêt temporaire des sports d’impact et de pivot, parfois une limitation de l’appui, puis une reprise progressive encadrée.

Des contrôles cliniques et radiologiques vérifient la cicatrisation. La rééducation entretient la mobilité et la force sans surcharger la zone.

Traitement chirurgical

La chirurgie est discutée si la lésion est instable, déplacée, symptomatique malgré le repos ou chez un patient ayant terminé sa croissance.

Les options chirurgicales sont proches de celles des lésions focales du cartilage.

En cas de fragment volumineux, il est parfois possible de le réinsérer avec des vis enfouis ou une ostéosuture.

Évolution

L’évolution est généralement spontanément favorable, mais nécessite une adaptation sur une période variable des activités physiques. La récupération clinique et radiologique peut parfois prendre un an.

Une lésion instable ou persistante expose à la dégradation du cartilage et à une arthrose plus précoce.