Luxation de l’épaule : antérieure et postérieure

Comprendre la lésion

Structures concernées

La luxation gléno-humérale correspond à la sortie de la tête de l’humérus hors de la glène de l’omoplate. Il y a une perte de contact partielle ou totale des surfaces articulaires.

Luxation antérieure et luxation postérieure

La forme antérieure, la plus fréquente, déplace la tête vers l’avant, souvent lors d’une chute avec le bras écarté et tourné vers l’extérieur. La forme postérieure la déplace vers l’arrière ; elle peut suivre une chute ou une crise convulsive. Après une convulsion, les deux épaules peuvent être atteintes.

Signes et lésions associées

Les symptômes les plus fréquents sont :

  • Douleur brutale
  • Impossibilité de mobiliser normalement le bras
  • Déformation du moignon de l’épaule

Dans la forme postérieure, la déformation peut être discrète : le bras reste souvent contre le corps, tourné vers l’intérieur, avec impossibilité de rotation externe.

Des fractures, une lésion du labrum, de la coiffe ou du nerf axillaire peuvent être associées.

Diagnostic

Examen clinique

Le médecin recherche le mécanisme, les épisodes antérieurs et les lésions associées. Il contrôle la sensibilité de l’épaule et de la main, la motricité et la circulation avant et après la remise en place. Une douleur persistante ou des troubles sensitifs / moteurs après réduction justifie une réévaluation.

Examens d’imagerie
  • Radiographies : examen de première intention, permet de confirmer une luxation, ainsi que le type de déplacement. On cherche également une fracture associée. Il arrive qu’un tableau de luxation d’épaule soit en réalité une fracture luxation de l’humérus.
  • Scanner : en cas de fracture associée, permet de mieux la caractériser et de planifier la prise en charge. En cas de luxations itératives, permet de chercher une encoche sur la tête humérale et/ou une lésion de la glène qui peuvent favoriser la luxation.
  • IRM : évaluation secondaire d’une éventuelle atteinte de la coiffe des rotateurs et du labrum, ainsi que des structures ligamentaires qui stabilisent l’articulation
  • Echographie : examen de débrouillage pour recherche d’une lésion de la coiffe des rotateurs

Traitement

Prise en charge urgente

Une épaule suspectée d’être luxée doit être évaluée rapidement aux urgences. Soutenez le bras dans la position la moins douloureuse sans le forcer. Ne tentez pas de remettre l’épaule en place vous-même. Une main froide, pâle ou insensible impose une prise en charge immédiate.

On conseille de ne pas faire de réduction d’une suspicion de luxation d’épaule sans avoir fait de radiographies préalables.

Traitement non chirurgical

La réduction est réalisée par une équipe médicale avec un traitement adapté de la douleur, parfois une sédation ou une anesthésie. L’examen et les radiographies de contrôle vérifient la remise en place. Une écharpe ou une attelle protège ensuite l’épaule ; sa position et sa durée dépendent du sens de la luxation, de la stabilité et des lésions associées.

Traitement chirurgical

Une chirurgie peut être nécessaire si la réduction est impossible, si une fracture importante est associée ou si l’épaule reste instable. Une stabilisation peut aussi être discutée après des récidives, ou dès un premier épisode chez certains patients à haut risque. La décision tient compte de l’âge, des activités et des lésions osseuses et ligamentaires.

Préparer les étapes suivantes

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