TRAUMATOLOGIE

Rupture du tendon quadricipital

Comprendre la lésion

Structures concernées

Le tendon quadricipital réunit les quatre chefs du quadriceps et s’insère sur le pôle supérieur de la patella. Avec la patella, les rétinaculums et le tendon patellaire, il constitue l’appareil extenseur qui permet de tendre le genou, verrouiller l’appui et monter les escaliers.

Mécanisme, formes de fracture et facteurs de gravité

La rupture survient lors d’une contraction brutale du quadriceps sur genou fléchi, d’une chute ou d’un faux pas. Elle touche souvent un tendon fragilisé chez l’adulte de plus de 40 ans.

Une tendinite chronique, et certains traitements (fluoroquinolones, corticoïdes) sont des facteurs de risque de rupture tendineuse.

Il existe certaines formes particulières :

  • Rupture partielle
  • Rupture chronique avec rétractation du tendon
  • Atteinte bilatérale
Signes cliniques et risques liés à la lésion

Les symptômes initiaux associent généralement :

  • Douleur brutale au pôle supérieur de la patella
  • Sensation de claquement
  • Oedeme
  • Impossibilité de faire une extension active de jambe, ou de maintenir une extension contre la gravité

En cas de traitement inapproprié, les risques sont :

  • Chutes répétées par dérobement
  • Rétraction du tendon
  • Faiblesse durable du quadriceps, déficit d’extension

Diagnostic

Examen clinique

L’examen recherche :

  • Creux supra-patellaire
  • Patella basse
  • Hémarthrose, hématome
  • Extension active de jambe
  • Etat cutané
  • Examen vasculaire et nerveux
Examens d’imagerie
  • Radiographies : recherche d’une fracture de patella
  • Échographie : en cas de doute sur le diagnostic (qui est généralement clinique)
  • IRM : surtout dans les cas de rupture semi-récente ou ancienne, afin de voir l’importante de la rétraction tendineuse et la dégénérescence des corps musculaires

Traitement

Traitement non chirurgical

Le traitement non chirurgical reste rare; il se discute chez un patient en fin de vie ou non marchant, au risque opératoire disproportionné. En effet la perte de l’extension active de la jambe entraine un risque majeur de chute.

On met en place une attelle de genou en extension pour limiter le risque de chute si appui.

Traitement chirurgical

Les ruptures partielles et totale sont généralement des indications de réinsertion / suture tendineuse, afin de limiter le risque de séquelles fonctionnelles et chutes.

Les options chirurgicales sont, en fonction du type de lésion :

  • Suture directe du tendon
  • Réinsertion du tendon à la patella, soit par ancres, soit par tunnels trans osseux
  • Allogreffe/autogreffe, plastie ou transfert pour rupture chronique avec perte de substance
Déroulement de l’intervention

Sous anesthésie générale ou sous rachianesthésie, le patient est installé en décubitus dorsal. Une anesthésie locorégionale est parfois réalisée en complément à visée antalgique.

Une ou plusieurs voies d’abord sont réalisées sur le genou et la jambe. Les tissus sont disséqués et la lésion tendineuse est exposée. Le tendon est monté sur fil, et le geste de suture ou de réinsertion est réalisé. Il est parfois nécessaire de réaliser des radiographies peropératoires, notamment si des ancres sont mise en place.

L’incision est fermée avec une technique qui dépend du chirurgien, après avoir contrôlé l’absence de saignement anormal, puis un pansement est appliqué.

Le patient est ensuite surveillé en salle de réveil, vis-à-vis de la douleur, des signes respiratoires et neurovasculaires. Une attelle de genou en extension est généralement mise en place en postopératoire immédiat.

Bénéfices et risques

Bénéfices attendus :

  • Limitation des séquelles fonctionnelles en conservant l’extension active du genou

Risques et complications :

  • Infection du site opératoire
  • Hématome
  • Troubles de cicatrisation cutanée
  • Echec avec rupture itérative du tendon
  • Raideur articulaire par adhérences, pouvant nécessiter une mobilisation sous anesthésie ou arthrolyse

Suites et surveillance

Suites opératoires à court et moyen terme

Repères généraux. Le protocole de l’équipe qui vous suit reste prioritaire. Les délais ci-dessous sont théoriques. Ils varient selon la lésion, le traitement, la consolidation, le côté atteint, le métier et les autres problèmes de santé.

Suites immédiates :

  • Une attelle bloque le genou en extension. L’appui est souvent autorisé jambe tendue avec béquilles et attelle, en fonction des constats peropératoires.
  • La flexion est augmentée progressivement par paliers. Ne jamais dépasser les limites du protocole. Généralement : 0-30° de 0 à 2 semaines postopératoires, 0-60° de 2 à 4 semaines postopératoires, 0-90° de 4 à 6 semaines postopératoires
  • Après chirurgie, surveillance de la cicatrice. Les fils ou agrafes sont retirés vers 14-15 jours postopératoire
  • Un contrôle clinique est effectué vers 6 semaines postopératoire

Reprise du travail et conduite :

  • Travail de bureau : reprise théorique vers 2 à 6 semaines si le trajet et l’installation sont possibles
  • Travail en force : reprise théorique vers 4 à 6 mois. Les activités avec saut, course ou charges peuvent demander 6 à 9 mois
  • Conduite : reprise théorique entre 6 et 12 semaines. Il faut pouvoir manier toutes les commandes et pouvoir effectuer une manœuvre d’urgence pour que la conduite soit en sécurité
Résultats et évolution à long terme

À retenir. L’amélioration se juge sur la douleur, la mobilité, la force, l’autonomie et les radiographies. Un délai moyen ne garantit pas une récupération individuelle.

  • La cicatrisation tendineuse demande environ 3 mois. Force et endurance progressent pendant 6 à 12 mois
  • Une fonte du quadriceps et un déficit d’extension peuvent persister plusieurs mois
  • Raideur, faiblesse, adhérences, douleur antérieure et nouvelle rupture sont possibles
  • La récupération est meilleure si la réparation est précoce et la rééducation régulière sans sollicitation prématurée
  • Le retour au sport est évalué sur la force, le contrôle du genou et les tests fonctionnels, pas sur le délai seul
Quand s’alerter
  • Sensation de claquement, perte de l’extension active ou impossibilité de lever la jambe tendue.
  • Gonflement rapide ou douleur qui augmente brutalement.
  • Mollet gonflé ; essoufflement ou douleur thoracique.
  • Fièvre, rougeur, écoulement ou ouverture de la plaie.
  • Attelle cassée ou mal réglée exposant le genou à une flexion non autorisée.

En cas de signe neurologique, vasculaire ou respiratoire aigu, appelez le 15 ou le 112. Pour les autres signes, contactez rapidement l’équipe chirurgicale, le service d’urgences ou votre médecin.

Information importante : les informations sur la chirurgie, protocoles postopératoire, délais de récupération et de reprise des activités sont données à titre indicatif et variables selon les cas de figure.

Préparer les étapes suivantes

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