Alpes chirurgie

Tabac, alcool et drogues

Préparer une intervention est une occasion de faire le point sur ses consommations et de bénéficier d’une aide. L’objectif est de réduire les complications, de prévenir le manque et de faciliter la récupération.

Information importante : ces repères sont généraux et ne remplacent pas une consultation. Les traitements d’aide à l’arrêt sont personnalisés. Un sevrage d’alcool, de GHB/GBL ou de sédatifs peut nécessiter une surveillance médicale : ne l’entreprenez pas seul en cas de dépendance.

Pourquoi en parler avant une intervention ?

Une information utile à votre sécurité

  • Indiquez sans crainte de jugement les produits consommés, même occasionnellement : tabac, vapotage, alcool, cannabis, CBD, autres drogues et médicaments pris hors prescription. Ces informations relèvent du secret médical.
  • Précisez la quantité habituelle, la fréquence, la voie de consommation et la dernière prise. Signalez les précédents symptômes de manque, convulsions ou hospitalisations pour sevrage.
  • Ces éléments permettent d’adapter l’anesthésie, le traitement de la douleur et la surveillance. Ils n’empêchent pas de recevoir des soins urgents.
Tabac : risques et aides à l’arrêt

Quels risques en orthopédie ?

  • Le tabac augmente le risque de complications respiratoires et cardiovasculaires autour de l’anesthésie.
  • La cicatrisation peut être plus lente, avec davantage d’infections de plaie. La consolidation d’une fracture ou d’une arthrodèse peut être retardée ou incomplète.
  • L’arrêt est utile à tout moment. Préparez-le dès que l’intervention est envisagée : plusieurs semaines sans tabac apportent davantage de bénéfices. Une opération proche n’est pas une raison pour renoncer à arrêter.
  • Poursuivez l’arrêt après l’intervention, pendant la cicatrisation et la consolidation, et si possible durablement.

Comment se faire aider ?

  • Un accompagnement par le médecin, le pharmacien ou un tabacologue aide à choisir une date d’arrêt et à anticiper les envies de fumer.
  • Les substituts nicotiniques sont le traitement de première intention : patch, associé si besoin à une forme orale (gomme, pastille…). Ils apportent de la nicotine sans les produits toxiques de la combustion. La dose et l’association sont adaptées à la dépendance.
  • Une envie persistante de fumer peut traduire une substitution insuffisante. Nausées, palpitations ou irritation doivent aussi être signalées pour ajuster le traitement.
  • Sur prescription, les substituts inscrits au remboursement sont pris en charge à 65 % par l’Assurance Maladie ; la complémentaire peut couvrir le reste selon le contrat.
  • La varénicline ou le bupropion peuvent être discutés sur prescription lorsque la substitution bien conduite ne suffit pas. Le médecin vérifie les contre-indications et interactions ; le bupropion expose notamment à un risque de convulsions.
  • Signalez aussi la cigarette électronique. Le vapotage n’est pas anodin ; demandez les consignes de l’équipe pour le jour de l’intervention. N’arrêtez pas un substitut nicotinique prescrit sans en parler à l’équipe.
Alcool : anticiper un arrêt en sécurité

Quels risques autour de l’opération ?

  • Une consommation importante et régulière peut favoriser les infections, les complications cardiaques, les troubles de cicatrisation et la dénutrition. Une atteinte du foie peut modifier la coagulation et l’action des médicaments.
  • Une consommation récente peut majorer la somnolence, les vomissements et les interactions avec les anesthésiques ou antalgiques.
  • Chez une personne dépendante, l’hospitalisation peut provoquer un manque brutal : tremblements, sueurs, agitation, puis parfois convulsions ou confusion sévère. Ce risque doit être anticipé.

Sevrage et prévention des rechutes

  • En cas de dépendance ou de consommation quotidienne importante, n’organisez pas seul un arrêt brutal. Contactez rapidement votre médecin ou un CSAPA, idéalement bien avant l’intervention. Il ne s’agit pas de conseiller de continuer à boire, mais de préparer un arrêt sûr.
  • Le médecin décide si le sevrage peut être réalisé à domicile avec suivi ou nécessite une hospitalisation, selon les antécédents, les maladies associées et l’entourage.
  • Le traitement du manque peut comporter des benzodiazépines sur une courte durée, avec surveillance, et une supplémentation en vitamine B1 selon la situation. Ce n’est pas un protocole à reproduire en automédication.
  • Après le sevrage, des médicaments tels que l’acamprosate peuvent aider à maintenir l’abstinence. D’autres options sont discutées individuellement, avec un accompagnement psychologique et social.
  • Signalez tout traitement de l’alcoolodépendance à l’anesthésiste. En particulier, le nalméfène ou la naltrexone interfèrent avec les antalgiques opioïdes : leur gestion nécessite un plan médical, pas un arrêt décidé seul.
Cannabis, CBD et autres drogues

Cannabis et CBD

  • Le cannabis peut modifier la vigilance, le rythme cardiaque et les besoins en médicaments anesthésiques. Lorsqu’il est fumé, il irrite aussi les voies respiratoires.
  • Une consommation régulière peut compliquer la prise en charge de la douleur postopératoire. Le CBD peut interagir avec des médicaments : signalez-le même s’il est vendu sans ordonnance.
  • Il n’existe pas de délai d’arrêt unique garantissant la sécurité pour tous les produits et toutes les personnes. Le délai dépend de la consommation et de l’intervention.
  • Une intoxication récente avec altération de la vigilance peut conduire l’anesthésiste à reporter une intervention programmée. Prévenez l’équipe plutôt que de cacher une prise récente.

Autres substances et traitements de substitution

  • La cocaïne et les stimulants peuvent provoquer hypertension, troubles du rythme ou accidents cardiovasculaires. Indiquez toute prise récente avant une anesthésie.
  • Les opioïdes, le GHB/GBL et les sédatifs peuvent déprimer la respiration ; les associations avec l’alcool ou les médicaments de l’anesthésie augmentent les risques.
  • Un arrêt brutal du GHB/GBL ou des benzodiazépines en cas de dépendance peut être dangereux : il doit être médicalement encadré.
  • Si vous recevez de la méthadone ou de la buprénorphine, ne les interrompez pas de vous-même. L’anesthésiste et le prescripteur organisent leur prise et une analgésie adaptée.

Quelles aides pour arrêter ?

  • Un CSAPA propose une évaluation et un accompagnement médical, psychologique et social, gratuitement et de façon confidentielle.
  • Pour le cannabis ou les stimulants, la prise en charge repose notamment sur les entretiens motivationnels et les thérapies comportementales, avec traitement des symptômes et troubles associés si nécessaire.
  • Pour une dépendance aux opioïdes, un traitement par méthadone ou buprénorphine peut être proposé par une équipe compétente, associé à un suivi.
  • Ne remplacez pas une substance par de l’alcool, des somnifères ou des opioïdes non prescrits. Une reprise de consommation après une période d’arrêt expose à un surdosage, notamment avec les opioïdes.
Préparer l’hospitalisation et le retour à domicile

Avant l’intervention

  • Apportez la liste de vos médicaments, substituts nicotiniques, traitements de substitution et produits consommés. Notez la dernière prise et les éventuels antécédents de manque.
  • Demandez un plan écrit : traitements à poursuivre, adaptations éventuelles, prévention du manque et traitement de la douleur. Respectez les consignes personnalisées de jeûne et de consommation.
  • Si l’intervention est urgente, informez l’équipe dès l’arrivée. N’attendez pas une consultation d’addictologie pour faire soigner une fracture.

Après l’intervention

  • Évitez l’alcool et les drogues avec les opioïdes, anxiolytiques ou somnifères : somnolence et ralentissement respiratoire peuvent être graves.
  • Prenez les antalgiques uniquement selon l’ordonnance. Ne modifiez pas seul votre traitement de substitution ou votre traitement d’aide à l’arrêt.
  • Organisez la poursuite du suivi après la sortie : ordonnance, rendez-vous, interlocuteur en cas de difficulté. Une reprise ponctuelle n’est pas un échec définitif : demandez de l’aide pour réajuster le projet.
  • Ne conduisez pas sous l’effet d’une substance ou d’un médicament altérant la vigilance, ni tant que l’équipe n’a pas validé les conditions de reprise.
Qui contacter pour être accompagné ?

Des aides accessibles

  • Médecin traitant, pharmacien, tabacologue ou addictologue : évaluation et traitement individualisés. À l’hôpital, demandez si une équipe de liaison et de soins en addictologie (ELSA) peut intervenir.
  • Tabac Info Service : 39 89 et tabac-info-service.fr.
  • Alcool Info Service : 0 980 980 930, appel non surtaxé, et alcool-info-service.fr.
  • Drogues Info Service : 0 800 23 13 13, appel gratuit et anonyme, et drogues-info-service.fr. Le site permet de rechercher un CSAPA près de chez vous.

Quand demander une aide urgente ?

  • Après une diminution ou un arrêt : tremblements marqués, sueurs, palpitations ou agitation nécessitent un avis médical rapide, particulièrement pour l’alcool ou les sédatifs.
  • Appelez le 15 ou le 112 en cas de convulsion, confusion, hallucinations, difficulté à respirer, douleur thoracique, perte de connaissance ou somnolence inhabituelle empêchant de réveiller la personne.