Tendinopathies (tendinites)

Physiopathologie

Une tendinopathie est une atteinte douloureuse d’un tendon, structure qui relie le muscle à l’os. Le terme « tendinite » est courant, mais l’inflammation n’est pas toujours le mécanisme principal dans les formes chroniques.

Les tendons rotulien, quadricipital, d’Achille, fessiers et les tendons autour de l’épaule ou du coude sont fréquemment concernés.

Une augmentation trop rapide de la charge, des gestes répétitifs ou une récupération insuffisante dépassent la capacité d’adaptation du tendon. Sa structure se désorganise et devient douloureuse à l’effort.

L’âge, certaines maladies métaboliques, des médicaments, le tabac et des facteurs biomécaniques peuvent modifier la tolérance du tendon. Une douleur tendineuse ne signifie pas forcément qu’il va rompre.

Symptômes

L’atteinte fonctionnelle est fréquente, et se traduit par :

  • Douleur localisée sur le tendon ou son insertion
  • Raideur au démarrage ou le matin
  • Douleur au début de l’effort pouvant s’atténuer puis revenir
  • Baisse de force ou de performance

En cas de claquement brutal, creux palpable ou perte de fonction : suspicion de rupture à évaluer rapidement.

Bilan

Le diagnostic d’une tendinopathie repose principalement sur l’examen clinique. Le bilan précise le tendon atteint, recherche les facteurs favorisant la douleur et évalue son retentissement sur les activités quotidiennes ou sportives.

Examen clinique :

  • Localisation précise de la douleur sur le trajet du tendon ou à son insertion.
  • Recherche d’une douleur à la palpation
  • Douleur provoquée par la contraction musculaire contre résistance ou la mise en tension du tendon
  • Recherche d’un épaississement ou d’un gonflement local
  • Évaluation de la force et des mobilités articulaires
  • Recherche d’une rupture tendineuse ou d’une autre cause de douleur
  • Analyse des activités professionnelles ou sportives et d’une éventuelle augmentation récente des contraintes

Examens d’imagerie :

L’imagerie n’est pas toujours nécessaire lorsque les symptômes et l’examen clinique sont typiques.

  • Échographie : elle permet d’étudier la structure du tendon, son épaisseur et de rechercher des zones de désorganisation ou une fissure. Elle permet également une étude dynamique.
  • IRM : elle peut être proposée en cas de diagnostic incertain, de symptômes persistants ou avant certains traitements. Elle analyse précisément le tendon et les structures environnantes.
  • Radiographies : elles n’étudient pas directement le tendon mais peuvent rechercher des calcifications, une anomalie osseuse ou une autre cause de douleur.

Les anomalies visibles à l’imagerie doivent toujours être confrontées aux symptômes : des modifications tendineuses peuvent être présentes chez des personnes ne présentant aucune douleur.

Traitement non chirurgical

Le traitement consiste en un repos partiel (avec glaçage et antalgiques) puis sur l’adaptation temporaire des gestes douloureux puis un renforcement progressif et suffisamment chargé du tendon. Le repos complet prolongé fragilise le tendon et n’est généralement pas souhaitable.

La rééducation visera à récupérer progressivement la force musculaire, les amplitudes articulaires, et adapter la pratique physique pour limiter le risque de récidive.

Les infiltrations de corticoïdes sont discutées avec prudence selon le tendon ; les preuves concernant PRP et autres injections varient selon la localisation.

Traitement chirurgical

La chirurgie est rarement indiquée pour une tendinopathie simple. Elle peut être discutée après plusieurs mois de traitement bien conduit avec gêne importante, pour réaliser un geste de peignage tendineux afin de débuter un processus de cicatrisation dans le tendon.

En cas de rupture tendineuse, une indication chirurgicale est généralement retenue, avec des techniques et des suites qui vont varier selon les sites et les lésions.

Évolution et prévention

L’évolution d’une tendinopathie est généralement favorable, mais souvent progressive. La récupération peut nécessiter plusieurs semaines à plusieurs mois, car le tendon s’adapte lentement aux contraintes. Les récidives sont fréquentes lorsque la reprise des activités est trop rapide ou lorsque les facteurs favorisants persistent.

Pour favoriser la récupération :

  • Maintenir une activité adaptée plutôt qu’un repos complet prolongé
  • Diminuer temporairement les gestes ou activités qui déclenchent fortement la douleur
  • Réaliser un renforcement progressif du tendon et du muscle avec augmentation graduelle des charges
  • Reprendre progressivement les activités professionnelles et sportives
  • Adapter la rééducation à la douleur et à la capacité du tendon à supporter les efforts

Pour prévenir les récidives :

  • Éviter les augmentations brutales du volume ou de l’intensité des entraînements
  • Conserver un renforcement musculaire régulier, même après disparition des douleurs.
  • Prévoir une récupération suffisante entre les efforts importants
  • Corriger si nécessaire les gestes techniques ou les contraintes professionnelles répétitives
  • Adapter temporairement le matériel sportif lorsqu’un facteur favorisant est identifié
  • Entretenir une activité physique régulière et progressive

L’objectif n’est pas de protéger durablement le tendon en évitant les efforts, mais de restaurer progressivement sa capacité à supporter les contraintes nécessaires aux activités quotidiennes et sportives.